Le rap vient de l'argot américain "to rap" ,qui signifie " bavarder " ," jacter ". IL naît commercialement dans la musique de danse des années 1980 ,avec des groupes comme Sugarhill Gang ( Rapper's Delight ) ,Grandmaster Flash (The message) et Chic(Good Times). Il évolue ensuite avec la mode "Hip hop", un nouveau style de danse. Mais c'est à la charnière des années 1980 et 1990 qu'il fait réellement son entrée dans le courant musical populaire américain .
Le hip-hop fait ses débuts aux Etats-Unis vers la fin des années 70. Cette musique est née dans les ghettos noirs américains à l'époque des Black Panthers.
En 1979, "Rapper's Delight" de Sugarhill Gang devient le premier tube rap dans le monde et notamment en France où le mouvement hip-hop touche la jeunesse des cités.
Au début des années 80, le mouvement prend son envol avec de grands rassemblements "bloc party" où s'affrontent danseurs, grapheurs, DJ et MC. Des stars commencent à naître comme les Run DMC, Grandmaster Flash ou Afrika bambaataa. La "zulu nation" se forme et le mouvement arrive jusqu'en France. A cette époque, le style musical est très funky et électronique avec des basses très lourdes, on sample déjà les tubes de James Brown et les scratches deviennent très fréquents.
En France, c'est avec l'apparition des radios libres que le rap commence à être radiodiffusé et en 84 des émissions télé voient le jour comme Hip-Hop sur TF1 présenté par Sidney.
C'est grâce à cette médiatisation que le mouvement hip-hop devient populaire en France, qui devient déjà la deuxième nation rap. A cette époque, le rap français n'existe pas encore et tous les jeunes se portent plutôt vers la danse et les compétitions se font très fréquentes.
Aux Etats-Unis, le groupe Public Enemy redonne un second souffle au rap en 85-86 en délaissant le coté festif pour dénoncer les inégalités sociales et raciales.
A la fin des années 80, le rap français arrive avec les premiers freestyles de NTM, Assassin, Solaar en direct dans l'émission Deenastyle sur Radio Nova présentée par Dee Nasty.
Le rap français commence à prendre de l'ampleur et des compil' comme Rappattitude permettent de révéler au grand public la 1ere génération de rappeurs français NTM, Assassin, Solaar, IAM, Ministère A.M.E.R.
La médiatisation se poursuit avec Rapline sur M6 et la naissance de magazines comme l'Affiche et Get Busy.
Le style est toujours américain qui domine largement dans tous les domaines du hip-hop.
Au début des années 90 c'est la véritable naissance du rap dans l'esprit plus revendicatif où les textes prennent une importance capitale. Le style musical évolue aussi et on assiste à la naissance des monstres sacrés comme le Wu-Tang Clan, Dr Dre, Snoop Dogg, NWA.
Les rappeus français commencent, eux, à sortir leurs premiers albums et Mc Solaar réussit à intégrer le rap dans le paysage musical français par son style calme et poétique avec le tube "bouge de là".
Les compilations se multiplient, notamment les cool sessions de Jimmy Jay et on voit arriver de nouveaux groupes de plus en plus nombreux.
En 1995-96, le rap américain change définitivement avec des artistes comme 2Pac, Notorious BIG, Coolio, KRS One, LL Cool J puis les Fugees, Nas, Jay-Z et la création de labels très puissants comme Death Row ou Def Jam.
Le gangsta rap fait son apparition et l'ambiance devient plutôt malsaine, on parle de flingues et d'embrouilles, on donne dans l'égotrip et la guerre entre West cost et East cost éclate.
En France, par contre, le rap positif, léger et funky envahit la musique française avec MC Solaar,IAM, Alliance Ethnik, Ménélik, Réciprok, Doc Gyneco. Quelques-uns remportent même des Victoires de la musique.
Mais le rap hardcore n'est pas mort, loin de là, dans l'underground, NTM, Assassin ou le Ministère AMER témoignent de la dure réalité avec des textes très crus. D'ailleurs l'affaire NTM (prison+amende+6 mois d'interdiction d'exercer en France pour propos haineux envers la police) fait trembler l'opinion publique. C'est ce coté du rap français qui est apprécié des puristes.
Entre le rap cool et le rap hardcore, une multitude de groupes font leur premiers pas grâce à des compils de plus en plus nombreuses : les Sages Poètes de la rue, Fabe, la Cliqua, timide et sans complexe, TSN ainsi que Cut killer qui sort une multitude de mix-tapes.
En 1997-98 le mouvement hip-hop a bien évolué, le graph et la danse ont presque disparu, les compétitions aussi et les textes sont plus revendicatifs, construits et parlent de la vie quotidienne. On assiste à une véritable explosion de rap dans le monde.
En France, des labels se fondent, des crews se forment, on assiste à la naissance rap bizness qui fait des ravages aux Etats-Unis.
Les artistes de l'ancienne école reviennent avec un nouveau style comme IAM et NTM donnant au rap français sa propre identité. Fini le temps où on copiait les américains.
De nombreux nouveaux groupes apparaissent souvent par le biais de crews très puissants comme le Secteur Ä, le Côté Obscur ou Time Bomb : Arsenik, Hamed Daye, Fonky Family, 3ème ½il, KDD, Oxmo Puccino, Lunatic, Expression Direkt, La Brigade.
La radio Skyrock devient LA radio rap en France et va énormément participer à la promotion des nouveaux groupes.
Le rap français se divise alors en deux: le rap commercial qui passe partout et génère beaucoup d'argent et le rap underground qui sera même boycotté et qui ne rapporte presque rien mais où les MC aiguisent leur style qui plaît à la masse.
Cette séparation souvent involontaire est symbolisée par Stomy Bugsy qui est passé du rap le plus harcore au rap le plus commercial. Mais ce ne sont pas les artistes qui dérivent, non, ce sont les maisons de disques qui (attirées par le bon filon du rap) sortent les titres les plus commerciaux des albums et véhiculent une image fausse de l'artiste.
On assiste alors malgré les ventes et la popularité à une sorte de crise du rap. Les américains se tirent dessus et se déchirent au détriment de la qualité et de l'innovation tandis qu'en France le rap est kidnappé par les maisons de disque qui exploitent certains rappeurs pris dans l'engrenage du succès et de l'argent. C'est alors que les labels indépendants se forment et des groupes s'unissent contre cette médiatisation et ces maisons de disque qui tuent le rap.
En même temps de très bons albums sortent comme le 4ème de NTM qui fait l'effet d'une bombe, comme les albums d'Arsenik, Ideal J, Busta Flex, Zoxea ... . Des compils comme "Sad hill" et "ma cité va crack-er" relancent le vrai rap et réunissent des rappeurs célèbres et des inconnus de toute la France. Les concerts dans de grandes salles se multiplient démontrant le talent des rappeurs pour la scène.
Le rap est maintenant ancré dans le paysage musical français et a forcé la porte de tous les foyers envers en contre tous, et des débuts de réticences se font sentir dans les hautes sphères. On assiste donc au boycott drastique du rap et à la censure, les concerts sont de plus en plus interdits et les rappeurs ont une mauvaise image. La mode est en train de passer et le rap peut se libérer.
En 1999, la nouvelle école lâche ses premières bombes épaulée par les anciens et par Skyrock (qui devient presque indispensable pour lancer un album).
On assiste au succès de Pit Baccardi, Freeman, La Brigade, 3ème ½il, Bisso na Bisso, Saïan Supa Crew et bien sùr du 113 et de leur crew la Mafia k-1 fry. Le 113 réussit un exploit en étant littéralement adulé par les adeptes du rap et en même temps en remportant 2 Victoires de la musique.
Le rap renaît ici et outre atlantique où la guerre coast to coast (ayant entraîné la mort de 2Pac et de BIG) est terminée, l'avancée se poursuit vers le nouveau millénaire qui promet d'être riche en albums de qualité. Terminé le temps où on enregistrait dans des caves sur des vinyles de James Brown ; aujourd'hui, on enregistre en studio avec des productions musicales d'aussi bonne qualité que les textes. Certains anciens du rap ont même leurs propres studios et produisent des instrus déchirantes pour les autres comme Dr Dre, RZA, Akhenaton... . La communauté rap contrôle entièrement la sortie des disques du concept à la distribution. Le rap est le style musical le plus libre et indépendant.
En 2000, il devient facile de faire du bon rap, les portes sont ouvertes, les anciens ont créé des labels pour produire les nouveaux et le rap est la musique la plus appréciée chez tous les jeunes. Le rap commercial disparaît et les rappeurs sont de plus en plus indépendants. Le rap est populaire dans le monde entier et d'autres pays s'y mettent comme l'Angleterre, le Canada, l'Allemagne, la Belgique, le Suisse et les pays d'Afrique (notamment l'Algérie et le Sénégal).
Le nombre de rappeurs augmente d'autant plus que chaque membre de groupe sort en solo et se met de plus en plus à la production.
Etant donnée l'ampleur du phénomène, il devient impossible de citer les bons albums et tous les groupes mais une chose est sure : les productions sont d'une qualité exceptionnelle et la progression continue, chaque album est mieux que le précédent.
En 2002, la carte du rap français et américain est établie, il n'y a plus de nouveaux crews, les artistes du moment sont dans l'underground depuis longtemps et les quelques nouveaux sons intègrent les grands crews. Par contre, c'est au niveau du son que le rap évolue, les instrus deviennent plus électroniques et s'accélèrent. Les textes deviennent plus incisifs et portent moins de messages. La violence est plus présente et il semblerait que le rap français se dirige vers le gansta rap comme les américains il y a 10 ans tandis que ces derniers entrent dans une phase plutôt "star system" où les rappeurs génèrent des millions et prennent en peu la grosse tête et sombrent dans le décadence à l'image de nombreux clips.
Alors que le rap français paraît bien lancé, on commence à entendre parler de guerre et d'histoires de fric.
Skyrock qui était la seule radio à oser passer du rap à l'époque et qui a énormément aidé certains artistes commence à dériver en favorisant les artistes qui vendent. Heureusement elle se rattrape la nuit en laissant libre antenne aux artistes.
Le rap a conquis les grandes villes du royaume. Utilisant la langue crue de la rue, les rappeurs revendiquent des messages de contestation politique et sociale pour un Maroc meilleur. Corruption, misère, chômage, tout y passe. H-Kayne, Bigg, Fnair ou Zanka Flow sont devenus les stars d'une jeunesse qui n'a surtout plus l'intention de taire ses problèmes. Plongée dans le monde de la «street music» marocaine.
Le rap, une nouvelle forme de contestation sociale et politique ? Tout porte à le croire. Tout d'abord, il y a les textes. Depuis Nass El Ghiwane, on n'a jamais assisté à des messages subversifs portés par une musique. Nos rappeurs qui, en majorité, n'ont pas plus de 25 ans, contestent une réalité sociale glauque et des politiques stériles. «Welli bghaw ychafro liya bladi Ntiri fdin mhoum» (ceux qui veulent voler mon pays, je flingue leur race), lance Bigg, le rappeur casablancais, issu du quartier «middle class» de Roches noires dans sa chanson «lkhouf». Ou encore «tanmiya bachariya, ness laâqa lik ou ness laâqa liya» (l'INDH, la moitié du magot pour toi et le reste pour moi). D'autres parleront de «misiriya» (la misère), de «drari makhedama maredama» (des jeunes sans boulot), de «blade lhegra» (le pays de l'humiliation), de «lferh fgloubna mameblassi» (pas de place de joie dans nos c½urs), «fhad lblad akhouya makaynche kif tenssa» (dans ce pays mon frère, pas moyen d'oublier)... Jamais depuis la bande à Batma, des chanteurs ne se sont prêtés à cet élan de protestation, porté par une jeunesse encore plus nombreuse et plus exigeante. Une jeunesse qui a accès aux nouvelles technolgies (Internet et logiciels piratés) et aux chaînes satellitaires. Les groupes de rap cartonnent. A la dernière édition du Boulevard, Bigg n'a rien eu à envier au très attendu groupe français «La caution» et a réussi même l'exploit d'éclipser leur prestation. Le public est tout simplement venu ce soir-là pour lui. La soirée hip hop du Festival de Casablanca est un franc succès. C'est que les rappeurs fonctionnent en dehors du système de production classique et profitent de la moindre opportunité. Ils mettent leurs chansons en ligne et des milliers de jeunes Marocains téléchargent leurs chansons qui deviennent du coup populaires. Leurs clips, leurs concerts et même des extraits d'interviews improvisées circulent gratuitement dans «Youtube» (le site de partage de vidéos en ligne). Ils parviennent dès lors à défier tout un système en usant de paroles loin d'être orthodoxes, des paroles qui dérangent. Des jeunes qui, à travers ces textes, aspirent avant tout à vivre dans un Maroc plus digne.
La bataille sur l'origine du rap national ?
Dans l'ancienne Médina du côté de la rue commerciale de Bab Jdid, les rappeurs se rassemblent dans un café. Des jeunes sapés à la Eminem discutent des derniers tubes de rap américain et de la prochaine «battle of the streets» (le combat des rues), une sorte de joute pour désigner celui qui fera la meilleure rime. Tous s'expriment dans un bon français Entre rappeurs, D.J's et breakdancers, le quartier populaire du centre-ville de Casablanca abrite des dizaines d'artistes, inspirés directement de cette musique qui a vu le jour dans les métropoles américaines. Ici, la majorité des jeunes sont branchés planète hip hop : tee-shirts extra-larges, pantalons taille basse, grosses ceintures, casquettes à l'honneur des «cities», New York, Detroit ou Los Angeles. «C'est dans notre quartier que le rap marocain a vu le jour. Au départ, on se regroupait entre rappeurs et danseurs et l'on faisait des shows, juste pour nous éclater. Puis il y a eu, en 1999, le premier championnat de rap et de breakdance au complexe culturel Sidi Belyout qui va propulser le hip hop dans tous les autres quartiers de la ville», raconte fièrement Samir, 26 ans, M.C de son état (maître de cérémonie, titre que peut se donner un rappeur).
Comme aux Etats-Unis où la rivalité meurtrière entre la East coast et la West coast a même fait des victimes (Notorious Big et Tupac en sont les plus célèbres), à Casablanca, les rappeurs de l'ancienne médina, du Hay Mohammadi, du Maârif ou de Bourgogne rivalisent, eux, sur l'origine du premier rappeur. Ils jureront tous qu'ils ont été les pionniers du rap national. Fayçal Marjane, membre de «Piranha labo» de Salé, un collectif de rappeurs ou «crew» composé de plusieurs artistes dont Gamehdi, Netro, C4, NAB a un tout autre avis : «le rap marocain a commencé en 1993 avec Aminoffice, ex-membre du Double A et du Dragon blanc à Salé. En parlant de double A, c'est le premier groupe marocain à avoir lancé un album sur le marché en 1996». Et le Boulevard des jeunes musiciens dans cette histoire ? On se rappelle bien qu'à partir de 1999, ce festival des musiques urbaines s'est ouvert aux nouvelles tendances musicales, dans la salle de la FOL (Fédération des ½uvres laïques), puis après dans les stades du RUC et du COC. Fayçal a un commentaire sévère vis-à-vis de ce rendez-vous annuel : «Le Boulevard, ce n'est qu'un truc médiatisé qui ne représente ni le rap ni les rappeurs marocains. Les organisateurs exploitent le manque d'endroit où les jeunes peuvent se produire pour faire croire que c'est la plateforme numéro un des rappeurs marocains». En fait, dans les villes du royaume, des rappeurs chantent les frustrations du Maroc urbain d'aujourd'hui. Des dizaines de sites Internet, à leur tête raptiviste.net, sont dédiés au hip hop national. Des centaines de forums abritent les conversations d'amateurs du genre. Dans la plupart des cas, c'est la «darija» qui est utilisée. Comme du temps du smurf des années 80, les danseurs de breakdance, accompagnés de rappeurs en herbe, investissent des espaces publics pour extérioriser leur passion. A Casablanca, ce sont les passages du centre-ville, mais aussi «le square d'Auto Hall près de Lalla Yacout, le jardin du Maârif et de la Ligue arabe ou encore la piste près de l'hôpital Mohammed V de Hay Mohammadi et même dans quelques ruelles de la ville où l'on se donne rendez-vous. C'est loin d'être une solution car les policiers ne nous laissent pas tranquilles», explique Rachid, 20 ans, danseur de breakdance. «Nous avons toujours été confrontés à un problème de mentalités. Au centre culturel de Sidi Belyout, nous avons dû galérer pour leur trouver une salle de danse où ils peuvent s'entraîner trois fois par semaine. Il y a encore une grande résistance culturelle à ce mouvement. La musique pour la plupart des gestionnaires de la chose culturelle dans ce pays se limite à la chanson marocaine moderne, celle de Mohamed Hayani, Abdelwahab Doukkali et Mohamed Fouiteh», déplore Hicham Abkari, responsable de l'animation culturelle de la ville de Casablanca.
Style et attitude
M. Abkari, qui a longtemps travaillé au centre culturel de Sidi Belyout, est derrière l'organisation du championnat de breakdance et de rap qui a été intégré par la suite au Festival de Casablanca. Chaque premier dimanche du Festival est dédié au rap et au hip hop. Toutes les stars du genre sont passées par la scène du Nevada, relevant du parc de la Ligue arabe : Bigg, H-kayne, Fnaire, mais aussi Casacrew, Zankaflow et Halemkane. Cette soirée est un des moments forts du festival. «Le hip hop est une culture urbaine qui est actuellement bien intégrée dans tous les quartiers des villes marocaines. C'est également le style qui a véritablement démocratisé l'expression musicale dans ce pays. Les musiciens du rap ont seulement besoin d'un P.C, d'un logiciel qu'ils peuvent d'ailleurs télécharger gratuitement et des paroles dans un dialecte des rues. C'est donc une musique abordable», explique M. Abkari. «L'un des points fort du rap et du hip hop, c'est qu'il est facile à composer. Un stylo et un peu de rythme dans la peau et te voila rappeur», renchérit M. Marjane. Durant les années 80, la jeunesse urbaine a accouché de quelques groupes de Hard rock et de Metal. Une jeunesse en majorité nantie car capable de se procurer des instruments coûteux (guitares électriques, basse, batterie...). Le hip hop a cassé cette barrière financière. Encore plus, «cette musique attire les jeunes parce qu'elle parle aussi de femmes, de fringues, de chaînes en or et de belles caisses. Des rappeurs comme 50 cent ou Jay Z ont une certaine attitude et un style de vie qui ne laissent pas les jeunes Marocains indifférents», précise Simou, un rappeur de l'ancienne Médina. Dans ce quartier, on trouve de tout. Des rappeurs qui sont au lycée ou à l'université et d'autres qui vivotent en travaillant dans le commerce des montres ou des lunettes, des «ferrachas» (commerçants qui étalent leurs marchandises sur des bâches). «Le rap et la danse m'ont permis de ne pas tomber dans la délinquance. Même si mes parents se sont toujours opposés à ce choix. En fait, cette musique est ma drogue douce», plaisante Rachid, M.C et étudiant en économie. Le genre a même créé ses stars, respectées pour leur «beat» et leur flow (rythme des paroles) mais également pour la qualité de leurs textes. Le groupe H-Kayne de Meknès en est le parfait exemple. En avril dernier, H-Kayne a participé au festival Garorock en France. Le mois dernier, la troupe a fait une tournée dans l'Hexagone (trois étapes) couronnée par une prestation en ouverture du groupe de fusion français «Dub Incorporation» au Bataclan, une première pour un groupe de rap marocain. Pour les cinq comparses de la capitale ismaïlienne, tout a commencé par un passage au Boulevard des jeunes de Casablanca. Ils allaient signer deux ans plus tard un contrat avec Platinium Music, représentant au Maroc de la major musicale Universal, avec à la clé deux albums : «1 Son 2 BledArt» et «HK 1426», actuellement commercialisés à la Fnac.
Des descendants des Ghiwane ?
L'autre grand monsieur du moment n'est autre que Bigg, Hazeb Taoufik de son vrai nom. Bigg alias «Al Khasser», un Casablancais de 23 ans, s'est illustré avec son album «mgharba hta lmoute» sorti en 2005 avec des tubes comme «Bladi Blad» et «Al khouf». Des chansons cultes qui abordent le Maroc avec une langue crue que d'aucuns traitent de vulgaire. «La jeunesse marocaine ne se reconnaît pas dans la langue préformatée de la télévision nationale. Moi, j'utilise la langue de la rue, celle de tous les jours. Elle est peut-être choquante mais elle reste vraie», insiste Bigg qui prépare cette année une licence en droit privé. Dans cet album qui contient 25 chansons, «Al Khasser» parle des années de plomb, d'INDH, de liberté d'expression, de corruption et des frustrations de toute une jeunesse. Puis, il y a le groupe marrakchi Fnaïr, les rappeurs hardcore tangérois de «Zanka Flow» et leur M.C «Muslim», les Casablancais «Casa Crew»... Le rap féminin existe également. A petite dose car l'univers du rap reste toutefois machiste. Fatiwiz, Souha, Wydad qui a fait partie de «Thug Gang», un groupe de Casablanca, Nawal, une ex des «Silent Weapons» ainsi que Loubna qui a chanté en duo avec Bigg, la chanson «gaâ nass limatou». Elles n'hésitent pas à prendre le «mic» et enflammer les foules. Tout ce beau monde a en commun une même «darija» et des thématiques qui reviennent souvent, les injustices sociales, la marge dans les rues citadines, la «chefra» (corruption), la «hogra» (humiliation). D'autres textes traitent de la guerre en Irak, de l'hégémonie américaine ou de l'islam. Les influences musicales sont diverses. Cela va de la soul à la funk, mais aussi les musiques traditionnelles marocaines. Histoire de se différencier du rap qui se fait ailleurs. «Cela vient d'une certaine préoccupation identitaire. Mais cette tendance à mixer le rap aux genres marocains est également le résultat d'une certaine pression idéologique. Ce qui me pousse à penser que ce choix contribue à un enfermement culturel, même si la façade, c'est-à-dire la musique, est urbaine et moderne», analyse M. Abkari. La référence au groupe mythique d'El Ghiwane est manifeste. Dans «Bladi blad», Bigg leur rend hommage en clôturant sa chanson avec le fameux passage de «iâcht debbana flebtana». Le parallèle est tentant entre le groupe de Boujmiî et Batma et les rappeurs d'aujourd'hui, du moins dans le volet contestataire des textes. «Les Ghiwane sont pour moi d'une grande inspiration. Ce sont des "rojalas" (des gens intégres et courageux). Au-delà du respect que je leur dois pour leur musique, je les salue pour leurs positions et leurs attitudes», explique Bigg. C'est que ces jeunes ont compris qu'ils ont actuellement la possibilité de parler, de s'exprimer librement. L'affaire des «satanistes», avec toute une société civile solidaire de ces rockers, leur a montré la voie. Le rap qui donne au texte une place prépondérante est un medium idéal. «On se base sur le négatif pour chercher le positif. Les rappeurs marocains, comme les jeunes de ce pays, veulent que les choses changent. Ils ont besoin d'espoir pour ne pas aller se suicider en essayant de passer clandestinement en Europe. En fait, le rap, c'est un appel au secours», raconte M.C Samir. Le rap marocain, une musique underground ? Ils sont plusieurs à le penser. Pour la simple raison qu'il passe rarement à la radio et à la télévision, seule «hit radio» programme le genre tout en évitant les morceaux les plus «hardcore». Internet a permis à cette musique une plus large diffusion. Des téléchargements gratuits mais également la diffusion de clips. Dans le site «Youtube», on retrouve des clips de Casacrew, Zankaflow, de petits groupes de Berkane, de Beni Mellal, de matchs de freestyle dans des quartiers de Casablanca. La caméra numérique a révolutionné le secteur et les rappeurs, des jeunes bien sûr, l'utilisent à fond. On retrouve également un clip de «Bladi Blad» de Bigg sur fond d'images de brutalité policière dans les campus universitaires au Maroc. Un clip que Bigg n'a jamais réalisé. Une réappropriation qui se fait de plus en plus dans le Net. Une révolution que personne ne peut contrôler. «C'est extraordinaire comme histoire. Je n'ai jamais réalisé un clip de ma vie. Et je trouve ce clip particulièrement bien foutu. Des amis m'ont appelé après l'avoir vu pour me dire si je n'avais pas peur de représailles», raconte Bigg en rigolant.
Quel avenir pour le rap marocain ?
Internet reste alors le meilleur moyen de diffusion du hip hop en l'absence d'un marché musical organisé et de festivals dédiés au genre. Les groupes de rap mettent quelques centaines de C.D dans le marché. Mais, c'est plus pour la promotion que pour dégager des bénéfices. Ils vendent leurs C.D dans les boutiques de fringues hip hop, chez des disquaires, dans les librairies, les salles de jeux et les lycées. «Je n'hésite pas à mettre mes C.D en vente à Derb Ghallef. Le mouvement hip hop a besoin du piratage pour se faire connaître», dévoile Bigg. En tout cas, les M.C's restent optimistes pour l'avenir du rap au Maroc. Le secteur devient de plus en plus générateur de revenus. Soirées de gala, publicités, tournées au Maroc et à l'étranger et royalties, les rappeurs sont en train de se faire une petite place dans le secteur musical. «Je suis très optimiste pour l'avenir de cette musique dans ce pays. Dans quelques années, un rappeur pourra vivre de son art», conclut «Al Khasser» qui hésite encore entre devenir juge ou notaire après l'obtention de sa licence en droit... Quant à sa carrière de rappeur, il n'est pas près de l'abandonner.
Ethymologie
Le rap est interpreté comme le rétroacronyme des expressions anglaises rhythm and poetry ou rock against police (dû à une rébellion de jeunes des années 1980 contre la police),
Qu'est-ce que la musique rap ?
Les thèmes
Le rap comme le reste de la culture hip-hop cumule un aspect festif et un aspect contestataire. Les thèmes abordés varient selon les genres et ont évolué selon les époques. Comme la soul et le funk dont il s'inspire, les textes traitent des sujets communs à toute la musique populaire occidentale c'est à dire de la vie quotidienne, d'amour ou de sexe.
De nombreux groupes de rap ont également des paroles à vocation contestataire qui le rapproche du punk et de la poesie de la beat generation. La premiere chanson de ce genre est The Message écrit par Melle Mel et chanté par Grandmaster Flash. Ces paroles, parfois très virulentes contre les symboles du pouvoir, la police ou la justice notamment ont stigmatisé le rap pour une partie de la population. On peut citer le groupe américain Public Enemy ou le groupe francais Assassin. Les critiques violentes sont en fait assez minoritaires et l'aspect contestataire se limite le plus souvent à une dénonciation qui passe par les descriptions des problemes sociaux tels que le racisme, la pauvreté, le chômage, l'exclusion. En réaction contre la dramatisation de certains paroliers, des rappeurs abordent la vie quotidienne des quartiers populaires d'un point de vue positif.
Une thématique récurente, notamment dans le gansta rap, tourne autour de la société de consommation et des symboles du pouvoir, comme les femmes, les voitures ou les armes à feu. Les rappeurs jouent sur ces fantasmes et se construisent des personnages en général sans lien avec leur vraie personnalité et leur quotidien réel. Des critiques ont été faites contre ces textes qualifiés de sexistes, matérialistes ou prônant la violence, par des hommes politiques et par une partie du milieu rap.
La religion est également présente, notamment le christianisme dans le rap américain.
Structure rythmique
Les rythmes de la musique du rap (ce n'est pas toujours le cas des paroles) sont quasiment toujours des rythmes 4/4 ou 2/2. Dans sa base rythmique, le rap « swingue ». S'il ne compte pas un rythme 4/4 carré (comme dans la musique pop, le rock, etc.), le rap se base plutôt sur un sentiment d'anticipation, un peu similaire à l'emphase du swing que l'on retrouve dans le jazz. Comme celle-ci, le rythme rap comprend une subtilité qui fait qu'il est rarement écrit comme il sonne. C'est en quelque sorte un rythme 4/4 basique auquel s'ajoute l'interprétation du musicien. Il est souvent joué comme « en retard », d'une manière détendue et douce.
Ce style a été amené de manière prédominante par les musiques soul et funk, lesquelles répétaient tout au long des morceaux leurs rythmes et leurs thèmes musicaux. Dans les années 1960 et 70, James Brown jette les bases sur lesquelles sera fondé le rap : une musique rythmée (ses enregistrements sont encore aujourd'hui une source de samples inépuisable pour les DJ), un style de chant saccadé, parfois parlé ou crié et des textes véhiculant une forte identité et des revendications sociales ou politiques (en particulier Say It Loud, I'm Black And I'm Proud qui devient un véritable hymne de la communauté noire américaine). C'était le parfait tremplin pour pousser les MC à écrire leurs rimes. C'est d'ailleurs toujours ce qui attire le plus dans le rap : l'emphase mise sur les paroles et la prouesse de leurs élocutions. Le rap instrumental est peut-être la rare exception à cette règle. Dans ce sous-genre du rap, les DJ (ou disc jockeys) et les producteurs sont libres d'expérimenter avec la création de morceaux instrumentaux. Tandis qu'ils peuvent prendre des sources sonores comportant des voix.
Instrumentation et production
L'instrumentation rap découle de la musique disco, funk et R&B, à la fois sur le plan de l'équipement sonore et des albums échantillonnés. Alors que le mixage réalisé par les DJ disco et de clubs avait pour but de produire une musique continuelle avec des transitions discrètes entre les morceaux, celui réalisé par Kool DJ Herc a lui donné naissance à une pratique visant à isoler et à étendre les seuls breaks en les mélangeant entre eux avec deux copies du même morceau. À l'origine, les breaks (ou breakbeats) étaient les transitions à l'intérieur d'un morceau, composées surtout de percussions. C'est ce qu'Afrika Bambaataa décrivit comme « la partie du disque qu'attend tout le monde... où ils se laissent aller et font les fous » (Toop, 1991). James Brown, Bob James et Parliament - parmi d'autres - ont longtemps été des sources populaires pour les breaks. Sur cette base rythmique, on pouvait ajouter des parties instrumentales provenant d'autres albums (et beaucoup l'ont fait). L'instrumentation des premiers samples utilisés est la même que celle de la musique funk, disco ou rock : voix, guitare, basse, clavier, batterie et percussions.
Alors que l'originalité de la musique rap provenait principalement des breaks des albums du DJ, l'arrivée de la boîte à rythmes (appelée en anglais beat box ou drum machine) a permis aux musiciens du rap d'intégrer des fragments originaux à leur musique. Les sons de la boîte à rythme étaient joués soit par-dessus la musique produite par le DJ, soit seule. La qualité des séquences rythmiques est progressivement devenue centrale pour les musiciens de rap, car ces rythmes étaient la part la plus dansante de leur musique. En conséquence, les boîtes à rythme ont rapidement été équipées pour produire des kicks (sons de grosse caisse) avec une basse puissante et sinusoïdale en arrière-plan. Cela a permis d'émuler les solos de batterie bien produits de vieux albums de funk, de soul et de rock datant des années 1960 et 70. Les boîtes à rythme avaient de plus un stock limité de sons prédéterminés incluant des cymbales, des grosses caisses, des caisses claires et des toms.
L'introduction des échantillonneurs (ou sampleurs) a changé la manière dont le rap était produit. Un échantillonneur permet d'enregistrer et de stocker numériquement des petits passages sonores provenant de n'importe quel appareil disposant d'une sortie électrique, comme une platine-disque. Les producteurs ont donc pu échantillonner les sons de batterie des albums de leur jeunesse. Plus important encore, ils ont pu sampler des sons de cuivre, de basse, de guitare et de piano à ajouter à leurs rythmes. Et le rap avait finalement son orchestration au grand complet.
Le caractère dur et énergique des sonorités de la musique rap, souvent assez éloignées du son plus organique des autres genres musicaux, constituent un obstacle à la reconnaissance du genre en tant que forme artistique à part entière. Même les groupes de rap ayant un orchestre utilisent souvent les samples et le son dur et énergique des machines pour créer leurs rythmes en studio (lors de concerts, ils les recréent habituellement avec un orchestre). Le rap est l'objet d'une méprise répandue selon laquelle les samples et les boîtes à rythme sont des techniques pour musiciens paresseux ou encore qu'ils ne sont qu'une pâle compensation pour un « véritable » orchestre (cette considération étant d'ailleurs courante pour toute musique faisant usage de ces techniques). Dans les faits, les producteurs de rap sont souvent à la recherche d'un timbre, d'une texture et d'une fréquence précis pour leur sample et leur séquence rythmique. Un batteur jouant en direct le break de Funky Drummer de James Brown ne peut se substituer à son sample. Toutefois, on peut noter ces dernières années une tendance de retour vers les instruments originaux avec des musiciens et producteurs tels que Timbaland, Outkast, The Roots et The Neptunes.
Le flow
Le flow est la maniere dont le rappeur chante. Il est en général plus rapide et plus rythmé que les autres types de chant. Le flow peut etre se concentrer sur le rythme, se rapprocher de la parole ou plus rarement mélodique. Les procédés poétiques classiques tels les métaphores, allitérations et assonances sont utilisées massivement. L'argot est souvent utilisé.
Histoire de la musique rap
Les origines et les influences
Le rap semble formellement se rapprocher de la culture africaine dont se réclame le mouvement hip-hop. Le chant scandé du MC évoque en effet le griot, poète et musicien qui chronique la vie quotidienne ou est invité à chanter lors des célébrations (ex : mariage). De même, le retour à une musique essentiellement basée sur le rythme plus que sur la mélodie ramène aux polyrythmies de percussions africaines.
Une grande partie des premiers DJ et MC sont d'origine jamaïcaine. Les sound systems jamaïcains ont donc eu un rôle dans l'apparition du rap dans les ghettos Noirs américains.
La genèse
L'ancêtre le plus proche du rap est le « spoken word », apparu au début des années 1970 avec quelques groupes confidentiels dont les Last Poets ainsi que Gil Scott Heron. Il s'agit à cette époque de la déclamation de discours sur des rythmes battus par des tambours africains avec la négritude comme thème de prédilection.
Le Hip-Hop, lui, est né en 1974 avec DJ Kool Herc, et les premiers raps étaient réalisés par des MC (Maîtres de Cérémonie) qui faisaient des rimes toutes simples pour mettre l'ambiance en soirée.
Le premier morceau de rap proprement dit, King Tim III du groupe Fatback Band, voit le jour en 1979.
En 1979 , quelques mois après, le premier tube rap sort en 45 tours, c'est Rapper's Delight du Sugarhill Gang. Les rappeurs y sont accompagnés par un orchestre funk et il ne s'agit que d'une vulgaire caricature de la révolution qui se prépare dans les rues New Yorkaises. On peut noter aussi la parution de Magnificient Seven en 1980 du groupe punk anglais The Clash.
En 1982, The Message de Grandmaster Flash fut la révolution annoncée. Il s'agit du premier tube hip hop, une culture de rue qui était alors composée principalement de danse et de DJ-ing. Il est d'ailleurs curieux que, malgré le fait que ce soit le rappeur Melle Mel qu'on entend sur l'enregistrement, le titre est crédité du nom de Grand Master Flash (le DJ - concepteur sonore). Le rappeur n'avait pas le rôle de premier plan qu'il a aujourd'hui. Les rappeurs américains tel que Run DMC critique le racisme des blancs dans leurs chansons, la majorité des auditeurs sont alors des noirs. C'est Puff Daddy, qui a calqué la musique rap sur les chants doux très en vogue chez les blancs aux USA afin de conquérir le marché blanc.
Les années 1980 furent celles de l'explosion du rap avec des groupes politiques comme Public Enemy ou entertainment comme Run-DMC. Dans la lignée du Do It Yourself des punks New-Yorkais (le hip hop fut d'abord surnommé le « punk noir »), les rappeurs rappaient sur des rythmes synthétiques et brutaux, issus de boîte à rythmes bon marché).
Il s'agit d'une véritable musique populaire de rue qui développait ses propres thèmes : d'une part sous l'influence de la Universal Zulu Nation (ou plus communément appelée Zulu Nation) d'Afrika Bambaataa qui voyait dans le hip hop le moyen d'éloigner les jeunes des drogues et des gangs et d'émuler leur créativité, d'autre part en tant que témoignage d'une vie difficile (rap "hardcore").
Initialement issu des quartiers défavorisés, le rap à ses débuts est souvent un exutoire au mal-être et aux revendications des jeunes qui les habitent. Les propos violents ou crus sont fréquents, volontiers provocateurs (Fuck tha Police de NWA ou C'est clair de NTM). Le rap est donc accueilli par le grand public plus comme un phénomène social que comme une forme artistique à part entière.
L'âge d'or
La fin des années 1980 est désignée comme l'âge d'or du rap. À New York, la guerre des crews se termine. Les crews réunissaient des rappeurs (souvent des dizaines) du même quartier, réunis autour d'un producteur charismatique. Le plus célèbre était le Juice Crew de Queensbridge, emmené par le célèbre Marley Marl à qui on attribue l'invention du sampling (échantillons extraits d'autres morceaux puis inclus dans les boucles). Le Juice Crew a fait de nombreux beefs (luttes) avec les lyricists (paroliers) des autres quartiers. On se souvient surtout de KRS-One, du South Bronx, qui a osé défier le Juice Crew par chansons interposées dont le célèbre The Bridge is Over qu'il est venu chanter devant eux dans une salle de Queensbridge.
L'âge d'or, c'est donc l'émergence à New York des duos DJ-MC comme Gang Starr (DJ Premier et Guru), Eric B & Rakim ou Pete Rock & CL Smooth qui continuent l'½uvre de Marley Marl ; et en Californie d'une nouvelle scène Gangsta avec surtout les Niggaz With Attitude (NWA).
NWA se présentait comme un groupe revendicatif et violent, sur certains points politisés à la manière des groupes New-Yorkais comme Public Enemy. Le culte du Gangsta (gangster) naquit avec le tube Straight Outta Compton (voir l'album Straight Outta Compton).